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Chaos sur Ottawa

Incroyable ce que ce grand et paisible pays a vécu le 22 octobre dernier, éloigné en apparence des tumultes occidentaux.  Un état où règne habituellement le calme, la sérénité, certains diront même « un havre de paix où jamais rien ne se passe ». Et pourtant, depuis que le pays s’est engagé dans la guerre en Afghanistan, il connaît des tentatives d’attaques comme l’attentat raté en 2013 contre le train Toronto – New York, heureusement démantelé avant une catastrophe. Le Parlement, haut lieu symbolique de la capitale canadienne, a fait l’objet d’une attaque inattendue. Michael Zehaf-Bibeau (né Michael Joseph Hall), jeune québécois converti à l’islam, a ouvert le feu au nom de la guerre sainte syrienne qu’il voulait rejoindre. Ce « loup solitaire », comme l’appellent les québécois,  était venu dans la capitale récupérer son passeport confisqué voilà quelques mois. Malheureusement, il ne faisait pas partie des 93 suspects radicalisés et surveillés au Canada.

Le centre d’Ottawa bouclé autour du Parlement

« Il était environ 10 heures du matin, je regardais le journal télévisé au travail et il a été interrompu brusquement par la fusillade devant le mémorial canadien de la guerre 14-18 tout près du Parlement. J’ai tout de suite pensé qu’il s’agissait d’une attaque terroriste comme celle qui avait eu lieu deux jours plus tôt près de Montréal. Mon bureau, au gouvernement fédéral, est à 15 minutes de là. La situation était tellement grave que toutes les serrures se sont bloquées et les portes se sont fermées à l’extérieur. Les visiteurs n’ont plus été autorisés à entrer tout le reste de la semaine. A 15 heures, on nous a annoncé que l’alerte était levée et j’ai pu rentrer chez moi à une heure normale, ceci n’a pas été le cas des personnes qui travaillaient tout proche du Parlement et qui ont du attendre 21 ou 22 heures pour pouvoir quitter leur bureau. Cette attaque a créé une sorte de psychose, nous avons tous peur d’un nouvel acte terroriste » nous explique celle que nous appellerons Kate pour des soucis de discrétion quant à son poste.

Quelles lois pour lutter contre le terrorisme

Même si le Canada paraît avoir été surpris par ces attentats, le code criminel canadien, contrairement aux lois françaises, permet d’emprisonner un individu dès lors qu’il est soupçonné d’organisation d’attentats. Au nom de la liberté individuelle, le Canada refuse de devenir une forteresse. Les idéaux pourraient-ils amener le pays à devenir une base arrière du terrorisme ?

Depuis les deux tragédies des 20 et 22 octobre dernier, le gouvernement canadien travaille sur de nouvelles mesures anti-terroristes plus efficaces.