photo-1510148567806-766658eb5b86

Allons-nous un jour manquer d’eau ?

Dans le cadre de la 7ème édition du cycle des conférences scientifiques de Saint-Aubin-Châteauneuf, Ghislain de Marsily, membre de l’académie des sciences, a abordé l’épineuse question des réserves en eau. Outre l’intérêt du sujet, ces rencontres sont l’occasion de développer la culture en milieu rural.

Se dirige-t-on vers une pénurie d’eau ?

Pour Ghislain de Marsily, membre de l’académie des sciences, la réponse à cette question est clairement « non » ! Alors pourquoi les médias nous alertent-ils à ce propos et diffusent des reportages sur des régions fragilisées par le manque d’eau ? Ce ‘non’ définitif est un ‘non’ à l’échelle de la planète. « La quantité d’eau sur Terre est constante, nous en avons perdu un millième en trois milliards d’années » , nous indique le scientifique. Sur notre planète, l’eau suit un cycle : elle s’infiltre dans la terre, alimente nos rivières, nos mers et océans puis s’évapore dans l’atmosphère pour former des nuages et retomber sous forme de précipitations mille kilomètres plus loin. Celle qui coule de notre robinet part dans les égouts, les stations d’épuration puis est réinjectée dans le circuit. Certes, même si certaines canalisations fuient, l’eau est toujours récupérée lors de son cheminement. Elle se répand dans un circuit bien rodé, sans jamais se perdre. Le stock d’eau sur Terre est identique à celui du temps de sa création.

Et le réchauffement climatique dans tout ça ?

Les zones désertiques se déplacent, tout comme les espaces luxuriants. En France, le niveau des fleuves, Rhône et Rhin est haut. La région sud-est a investi dans la construction de barrages pour conserver cette eau ce qui n’est pas le cas dans le sud-ouest. A Pékin, l’eau des puits a baissé de 80 mètres et des travaux d’envergure sont prévus pour approvisionner la ville en eau depuis l’Himalaya. En Namibie, la capitale Windhoek est alimentée par une canalisation longue de 800 km. En Ethiopie aussi la question des ressources en eau préoccupe, l’Etat a financé un barrage hydroélectrique pour répondre à cette problématique. En Amérique du Sud, le cas particulier de la Cordillère des Andes est inquiétant : dans 30 ans, tous les glaciers auront fondu et les politiques n’ont pas anticipé le stockage de l’eau. En Afrique, les pénuries d’eau sont fortement liées aux activités humaines. Cette ressource est fortement utilisée pour extraire, laver et séparer des ressources minérales rares ou encore entretenir des golfs pour les riches touristes… La ville du Cap subit déjà des restrictions. La Tunisie, elle, est contrainte d’importer de l’eau en bouteilles.

Le  climat apparaît sous forme de cycles et la sécheresse, deux fois par siècle, entraîne de grandes famines : en Inde en 1876, au Guatemala en 2009 ou encore au Sahel dans les années 70 où 30 à 60 millions de morts ont été dénombrés. Les incendies dans le sud de la France sont plus nombreux depuis quelques années. Les conséquences de ce réchauffement sont multiples : précipitations plus importantes, déplacement des zones climatiques… Les rendements agricoles sont meilleurs en Europe du Nord tandis qu’ils baissent en Europe du sud et dans les milieux tropicaux. La zone méditerranéenne a perdu 110 millions d’hectares de terres cultivables pendant que le nord en a gagné 160 millions.

Alors comment se protéger du manque d’eau ? Les stocks sur Terre étaient de 20 mois, ils sont aujourd’hui de 3 mois. Nos dirigeants souhaitent diminuer la teneur en dioxyde de carbone de l’atmosphère : de 400 à 350 ppm (partie par million) pour éviter que les mers et océans ne montent de 9 mètres d’ici 2500, une des conséquences du réchauffement climatique. Il faudrait certainement aussi modifier notre régime alimentaire : produire un kilogramme de bœuf nécessite 13500 litres d’eau (nourriture végétale) ; un kilogramme de pommes de terre seulement 100 litres. Aujourd’hui sur sept milliards de terriens, un milliard ne mange pas à sa faim et les habitants des pays les plus riches consomment deux fois trop de viande. L’éducation, notamment en Afrique, devra être amplifiée afin que les femmes aient moins d’enfants. Une femme africaine éduquée a maximum trois enfants alors que les autres en ont des tribus dès l’adolescence. 

Des laboratoires ont entamé des recherches pour produire des semences requérant moins d’eau.

La gestion des ressources en eau est un problème planétaire qui va provoquer des déplacements de population venant notamment d’Afrique vers l’Europe, des déforestations pour cultiver. Certains pays sont aujourd’hui contraints d’importer de l’eau ou de trouver des solutions alternatives pour s’approvisionner en eau : en désalinisant les eaux de mer par exemple. En France, ce sont les traitements, pompages et entretiens des canalisations qui sont scrutés pour prévenir les fuites de notre réseau vieillissant. L’eau est une ressource qu’il nous faut protéger car sans elle, la vie sur terre ne serait pas possible. Des travaux de grande envergure sont et vont être réalisés dans les pays qui commencent à manquer d’eau. Cette ressource concerne la globalité du monde et nous devrons être solidaires pour éviter les catastrophes sanitaires à venir.


20180410_145223

Et si on apprenait à voler ?

Dans l’Yonne, l’aéroport  d’Auxerre-Branches, l’unique de la région, propose des services originaux. Sur son tarmac les pilotes de ligne croisent des personnes venues s’essayer au pilotage !

L’aéroport d’Auxerre-Branches rayonne par son dynamisme: 8600 vols chaque année soit 24 par jour en moyenne, une piste de 1650 mètres de long, 60 % de vols d’affaires et commerciaux (les autres sont militaires, sanitaires (transport d’organes) ou de loisir). Il accueille également des avions en provenance d’Europe, des Etats-Unis ou encore de Chine -lorsque le propriétaire de l’Association  de la Jeunesse Auxerroise – le club de football d’Auxerre arrive de Pékin -.

Depuis deux ans, c’est la société EDEIS (1100 salariés, 18 aéroports et 13 agences) qui gère l’aéroport et le personnel, des pompiers aux agents AFIS (Aerodrome flight Information Service). “ La piste a complètement été rénovée ainsi que les espaces recevant pilotes et visiteurs pour permettre un meilleur accueil mais aussi pour répondre aux conformités des contrôles douaniers. La piste est balisée en cas de météo dégradée ou d’atterrissages nocturnes” nous explique Cyril GODEAUX, Directeur Adjoint d’EDEIS. L’aéroport d’Auxerre-Branches peut héberger des avions A320 mais ce sont des appareils d’une capacité maximum de cinquante passagers qui se posent habituellement sur le tarmac.

Une augmentation de 70 % des vols d’affaires en 2017

Avoir un aéroport dans un département contribue au développement économique du territoire. À Auxerre, un vol d’affaires a lieu tous les deux jours.  Les entreprises peuvent partager un engin, en posséder un ou le louer grâce à une tarification au temps de vol. Le transport aérien 

est un gain de temps pour les managers pressés qui choisissent leurs horaires de départ et d’arrivée. Situé au cœur du département de l’Yonne, l’accès y est facile. Son ouverture assurée 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 permet une grande flexibilité.

Pourquoi ne pas devenir pilote privé ?

Rien de plus simple ! Aucune prédisposition scientifique n’est requise mais il faut avoir au minimum 16 ans. Comptez quarante-cinq heures de pratique dont dix en solo pour un budget de 8 500 euros. L’aéroclub d’Auxerre-Branches dispense avec trois instructeurs, des cours sur deux CESSNA (avion-école), de deux et quatre places. Le brevet en poche, le pilote pourra circuler de jour partout en France. Pour pouvoir effectuer des déplacements nocturnes, un brevet de “pilotage aux instruments” est nécessaire et une qualification en langue anglaise pour être autorisé à voler en dehors de nos frontières. La France compte cinquante mille pilotes privés comme nous le confie Eric Lucot, président de l’aéroclub. Une activité originale et relaxante !

Paru le 14 mai sur le site web des Muses de Paris http://www.lesmusesdeparis.com/news/et-si-on-apprenait-a-voler-68

F89 CRAVANT 140

Mobil Wood, entre holacratie et environnement

Agencement en bois massif, du linéaire au comptoir de vente en passant par les meubles de rangement, l’entreprise de Cravant dans l’Yonne a déjà eu plusieurs vies. En effet, créée dans les années soixante, elle proposait initialement des emballages pour fruits et légumes, puis elle est devenue spécialiste de l’ameublement dès 1990. Elle est rachetée en 2006 par Alexis Nollet et Sébastien Becker et compte aujourd’hui 67 salariés. Une des rares entités du département où l’on pratique l’holacratie, entendez ‘un mode de gouvernance sans hiérarchie’ nous explique Eve Mignolet, en charge de la communication. Initiée par l’américain Brian Robertson, cette manière de manager permet d’assurer un pilotage dynamique, les salariés prennent les décisions en concertation, ils deviennent acteurs à part entière, ils sont donc plus motivés (faible turn-over) et plus impliqués dans l’avenir de leur société.

Une entreprise écoresponsable

Sur ses 6000 m2 d’usine, Mobil Wood fabrique des agencements en pin des Landes provenant de forêts gérées durablement, elle s’approvisionne en métal chez des fournisseurs locaux tels que Tôlerie Fine et Métal Protection, les peintures utilisées sont à base d’eau et le contre-plaqué sans formaldéhydes. Les employés travaillent sur l’écoconception afin de respecter notre environnement. Mobil Wood gère aussi une partie négoce de silos et de bacs à pelle pour que les consommateurs puissent se servir eux-mêmes dans les boutiques. Les clients sont des magasins biologiques, des librairies ou encore des épiceries fines.

Des projets d’innovation d’envergure

L’établissement commercialise depuis fin 2016 un nouveau concept : Ecoglob. Sans clou, sans colle et sans vis, l’idée est de transporter le mobilier à plat pour limiter le volume donc rendre le transport plus facile et moins coûteux, puis de démonter chaque objet en fin de vie dans le but de le valoriser.

Mobil Wood envisage de déménager ses locaux et de s’agrandir d’ici la fin 2018. La PME, soucieuse de son impact sur l’environnement souhaite construire une entreprise verte grâce aux énergies renouvelables, mais aussi mettre en avant la permaculture (méthode systémique et globale inspirée de l’écologie naturelle et de la tradition), proposer un centre de formation et une maison citoyenne pour créer du lien social. Un joli projet pour l’économie locale qui verra le jour à 5 km de l’actuelle industrie.

Article paru le 8 mai 2017 dans le Journal du Palais de Bourgogne Franche-Comté.

Photo SITE

La seconde vie des fleurs à Auxerre

‘Une fleur à l’édifice’

C’est le nom qu’a choisi Alexandra Sobczak initiatrice du projet et Présidente de l’association ‘Urgence patrimoine’. ‘En discutant voilà deux ans avec mon fleuriste, Olivier Leclerc (N13 Fleuriste), il me confiait que ses invendus partaient à la poubelle. Active et engagée dans la sauvegarde de notre patrimoine, l’idée a germé et j’ai pensé qu’il serait peut-être intéressant d’égayer, dans un premier temps, les églises du centre-ville en les fleurissant, puis pourquoi pas d’autres édifices comme les monuments aux morts ou les fontaines’ nous explique la jeune entrepreneuse. Depuis, Jérôme Chauffournais, dirigeant du Centre E.Leclerc d’Auxerre a rejoint l’opération, une participation aussi originale qu’inattendue, en effet, on n’associe généralement pas la grande distribution et patrimoine.

Tous les mercredis, les dames chargées de fleurir l’église Saint-Eusèbe et la cathédrale d’Auxerre récupèrent les fleurs et embellissent ces deux églises. ‘Pour l’instant, nous n’avons pas suffisamment de verdure pour décorer plus de sites et les quantités fournies restent aléatoires en fonction des ventes des boutiques’, mais Alexandra espère que d’autres fleuristes auxerrois viendront grossir les rangs des commerçants-donneurs.

Le mouvement est pleine expansion et des demandes de fleuristes montpelliérains  et parisiens sont déjà à l’étude pour satisfaire leur envie de collaborer. ‘Il en coûte 100 €uros par mois à un fleuriste pour se fournir en sacs à déchets verts (en plus de leur évacuation) alors que notre ramassage est gratuit’ précise Alexandra.

‘L’opération grandissante, nous envisageons de créer une association dont l’adhésion serait symbolique et les dons défiscalisables. L’idéal serait de promouvoir ‘Une fleur à l’édifice’ via le réseau d’une grande enseigne nationale. Ensuite, il nous faudra trouver les interlocuteurs du fleurissement dans les diocèses, ce qui semble facile’.

Un joli geste d’économie solidaire et une vie supplémentaire pour les fleurs dans les édifices.

Article paru le 27 mars dans le Journal du Palais de Bourgogne Franche-Comté.